Petite histoire du soir

Cette histoire est vraie, elle se déroule à Paris au début du XXIème siècle. Les habitants de la capitale du Nouveau Monde vivent dans une société dans laquelle le rêve est réservé aux enfants. Non pas que les adultes n’en aient plus le droit, mais plutôt qu’ils n’en ont plus le temps. Ils en ont perdu l’habitude… Il existe bien-sûr quelques exceptions, quelques adultes qui échappent à cette norme, mais ce sont des marginaux, laissés de côté par la société, des rêveurs. Cette histoire est celle de l’un d’eux, il s’appelle John White.

John White était un jeune homme qui avait grandi seul, ainsi aucun adulte ne pu lui dire qu’il n’était plus en âge de songer toute la journée.
Dans sa vie, il avait tout fait : le tour du monde en trottinette, dans les deux sens, jouer pour un boys band, l’ascension du Kilimandjaro à dos d’éléphant, visiter l’Atlantide en masque et tuba…

Son caractère d’artiste aventurier lui venait de sa défunte mère, qui, enceinte de sept mois avait décidé de visiter les volcans d’Indonésie. Lors d’une visite, elle avait par mégarde avalé un petit bout de lave en fusion rendant John White totalement hyperactif, ne vivant que par arborescence de pensées, toujours à mille à l’heure.

Malgré tout ce qu’avait vécu John White, la société dans laquelle il vivait le rendait triste. En effet, il ne comprenait pas comment des adultes avaient pu oublier comment rêver. Il mettait ça sur le dos du stress, sur la vie, qui devait toujours aller plus vite, sur les soucis à droite, ou ceux à gauche.

Un jour, alors qu’il se baladait dans les Nouveaux Jardins du Luxembourg, il prit une grande, très grande décision, celle d’offrir à tous les adultes de Paris la possibilité de rêver à nouveau. Il se mit alors à la recherche d’un bar à vendre qu’il pourrait transformer en Bar à Rêves. Il trouva le lieu idéal rue Mouffetard, dans ce qui avait été le 5ème arrondissement de Paris.

Par on ne sait quel miracle, au bout de trois jours, il acheva les travaux et le bar pû ouvrir. Nous étions le 1er avril 2003. Le bar ne fut tout d’abord pas une réussite, il n’était fréquenté que par quelques piliers de comptoir en soif d’oubli, on y apercevait aussi parfois, une vieille sorcière qui avait vécu là bien des années plus tôt.

Mais quelques jours plus tard (3 ou 4 jours il me semble), les premiers curieux entrèrent dans le Bar à Rêves. John White leur expliqua le concept du lieu, qui avait pour but de faire rêver les adultes sur commande dans un espace convivial. Pour cela rien de plus simple, il suffisait de boire l’un des nombreux cocktails que le bar proposait. Parmi ceux qui faisaient fureur, on trouvait le Wiskdream, la Votmare ou encore la Tequila Sunsonge.

A partir de ce jour, le lieu ne désemplit pas, chaque soir, les gens venaient de plus en plus nombreux. Ils partageaient un rêve entre eux, décompressaient d’une journée trop stressante, venaient oublier les cris et les pleurs de leurs marmots, certains même venaient y rencontrer l’âme-sœur, celle que l’on ne trouve que dans nos rêves.

Le Bar à Rêve de John White fut le début de la grande réconciliation entre adultes et rêves. Beaucoup de bars reprenant le concept ouvrirent à Paris, puis très vite dans toute l’Europe et dans le monde entier. Cette pratique qui était très longtemps restée affaire d’enfants était, en quelques jours, devenue affaire de tous.

Les cocktails à rêve étaient servis dans des bars, des vernissages, des galas, on aperçut même le Président de la République en siroter un lors d’une rencontre officielle.

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