Paranoïaque

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Il est midi, je marche dans la rue, il fait 29 degrés.

Je suis piégée dans une matrice informatique…
La totalité des informations recueillies en quelques années de vie défilent à l’intérieur de mes yeux, elles ont l’effet de la morphine sur mon nerf optique. Elles rebondissent de synapse en synapse, les reliant par des liens imperceptibles à mon conscient.
Sincèrement, je ne suis pas certaine de savoir où je suis, je marche sans me poser aucune question. J’ai chaud, je transpire et seules mes lunettes de soleil me protègent de la fournaise extérieure.
Mes idées, s’enchainent sans véritables liens et je crois, je suis sure que je suis suivie. Depuis que je suis sortie de la gare il y a un groupe de cinq personnes derrière moi, il ne me lâche pas…
Dans les cafés et les restaurants, les gens me regardent passer, ils chuchotent, ils ricanent, ils se moquent… Je peux les entendre.

A l’intérieur de ma boite cérébrale, tout y passe, de la magnifique invention de la fourchette aux mystères de la théorie des cordes. Je m’attarde sur la passionnante question de l’existence du hasard, avant de bifurquer sur mon intérêt malsain pour les vieux pantins en bois à la peinture défraîchie. Ils me font penser à Casse-noisette, qui lui me fait penser à Disney, à Fantasia, puis aux contes d’Anderson, La Petite Fille aux Allumettes rejoint quant à elle les soldats du front de la Seconde Guerre Mondiale. Enfin sans raisons, j’imagine la vie des gargouilles de Notre Dame. Victor Hugo, si seulement tu pouvais me voir…
Les gargouilles… c’est elles qui me suivent, maintenant j’en suis sûre.

Je me mets à courir, je peux arriver chez moi avant qu’elles ne m’atteignent. Une pensée se démarque des autres, elle lutte pour se faire une place dans mon esprit. Elle répète que tout est faux. Je ne peux la croire.
Je cours de plus en plus vite, j’aperçois mon immeuble, je sors le digipass, la porte s’ouvre, je me dépêche de la refermer. J’attends quelques secondes… je veux voir mes détracteurs se la manger, personne n’arrive…
Loin de me rassurer, cette idée me panique davantage.

Je monte quatre à quatre les marches qui me relient à mon appartement. Il fait chaud à l’intérieur et j’ai l’impression d’être dans le chaudron d’une sorcière.
Sur ma table, une bouteille d’eau et une pilule magique. Je bois la première pour avaler la seconde. Dans quelques instants, tout ira mieux…

Je m’assois sur le bord de ma fenêtre, mon regard perdu est figé sur mon appartement, on dirait le laboratoire d’un inventeur artiste totalement fou. Van Gogh si à l’occasion tu veux passer me voir, je pense que tu seras ici comme en toi…

——
Prendre une image sans autorisation, ça s’appelle du vol, demandez moi avant
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