Coup de pinceau

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Mes pensées sont emmêlées et comme par hasard je me prends  les pieds dedans…

Ma tête se rempli d’idées, genre étoiles filantes anarchistes.

Je sors une toile, éjecte quelques pinceaux d’un sac plastique et commence à mélanger mes couleurs à la manière d’un alchimiste-peintre qui se foutrait éperdument des règles à respecter en termes de mélange.
J’ouvre la porte à mes idées, elles s’engouffrent en une dizaine de seconde dans mes mains. Ma toile devient chair et j’ai à peine le temps de me dire qu’habituellement j’aurais galéré à faire cette couleur que je commence à étaler du noir partout, il se mélange au rouge et au jaune que je projette dessus. Ce foutoir recouvre la toile d’une deuxième couche, on dirait du pétrole, du mazoute. Je m’y enfonce chaque seconde un peu plus.
Je lâche mon pinceau, regarde mon œuvre et commence à pleurer. Les voix fusent dans ma tête, je perds le contrôle. Je m’énerve, commence à parler fort, à taper du point sur le sol, je me lève, me rassois, me relève, je marche dans la peinture, prend la direction de la salle de bain, me lave les mains revient, rajoute une couche de couleur rouge, repars…

Dans mon appartement ou dans ma tête, je tourne en rond.

Je continue de pleurer, je bascule, trouve une éponge et décide de laver ma toile jusqu’à retrouver le blanc cassé d’origine. Je nettoie les couches de peinture, me lève, rince mon éponge, je reviens et remarque que j’étale plus de peinture que je n’en enlève. Je perds pied, m’assois contre la porte tout juste close. Je n’entends plus la musique, je suis débordée, je suis dans un grand huit à qui on aurait coupé les freins…
Je frotte encore et encore le bout d’éponge qu’il me reste, j’aperçois le noir, le rouge, le jaune et un peu le beige. La peinture a séché trop vite…. Je trouve mon couteau de peinture, à défaut d’arriver à mon but je vais rayer façon gribouillis ces maudites idées…
Un trait pour chaque pensée qui s’envole, on dirait un arbre dépouillé de toutes ses feuilles, non mieux, on dirait un feu d’artifice macabre dans une maison hantée cérébrale.
Ma copine entre dans le bureau, elle me trouve, mes yeux rougis ne parviennent pas à se fixer quelque part, je regarde tout sauf elle, surtout sauf elle, j’ai honte…
Elle me regarde, me parle, moi j’ai de la peinture partout et les mains blessées. Je donne le dernier coup de couteau et m’enfonce dans ses bras.
Je me calme, regarde mon œuvre, j’ai envie d’y mettre le feu, envie de consumer mes pensées…
Je me lève, me déshabille, allume la douche, ce n’est pas la peinture que je tente de laver, c’est ma crise que je tente de faire disparaître encore une fois…

——
TOUTES LES PHOTOGRAPHIES, IMAGES ET TEXTES SOUS LESQUELS S’AFFICHE CETTE PHRASE SONT CONSIDÉRÉS COMME DES ŒUVRES DE L’ESPRIT ET DANS CE SENS COMME PROPRIÉTÉS INTELLECTUELLES PROTÉGÉES PAR LE DROIT D’AUTEUR. POUR PLUS D’INFORMATIONS: LEGIFRANCE 
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9 commentaires

  1. J’adore les couleurs, et les coups de couteaux par dessus, ça donne du mouvement, de l’énergie.
    C’est très intéressant de savoir l’histoire qui se cache derrière ce tableau, on ressent encore plus ce qui est dégagé par ces traits qui vont dans tous les sens 🙂

    Aimé par 1 personne

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