Retour d’angoisse

 

Il y a ce stress  au fond de moi. Une tache d’huile qui se répand et coule le long de mes membres. D’une fuite d’eau océanesque à la lumière d’une chambre qui s’allume toute seule. Mes rêves éveillent chacune des angoisses de mon corps.

Je sors, je crois, je prends la fuite. Protégée par mes lunettes de soleil, je lutte et j’évite le contact visuel avec les autres.  Mon corps est un pantin automate et mon cerveau est à dix milles lieux sous la mer de mes pensées. J’imagine des rencontres, j’invente des situations.

Ma mémoire à court terme n’assume plus. Elle s’obsède sur mes actions de ses derniers jours. Un vidéoprojecteur des années 70 se mets en marche, la pellicule tourne en rond.

Le cadran de ma montre remonte le temps alors que mes pieds continuent d’avancer. Je me sens piégée dans un monde parallèle et je ne peux faire qu’observer ma vie. Une petite voix à l’intérieur de ma tête ne cesse de commenter mes actions, de contredire mes paroles. Je me sens paranoïaque et j’ai l’impression que les cellules qui me constituent passent leur temps à se foutre de ma gueule.

Là, de suite, l’écran de mon ordinateur saute, ça m’angoisse. C’est signe que les fantômes qu’y m’habitent ont envi de sortir faire une tour. De se blottir sous la couette à la chaleur de mes rêves, et rien à foutre si mes yeux se mettent à s’exciter sous mes paupières closes.

C’est le retour des idées croches pieds, le retour du cœur qui palpite, qui fait transpirer. Des pensées en vrac qui partent trop loin, trop vite m’abandonnant à mes peurs. Je m’y arrache, j’y laisse mes ailes, j’y laisse mon âme. Je reste en vie

Mes monstres se sont rassemblés sous mon lit et dans mon placard. Je les entends, je vois leurs yeux dans les ombres. Ils m’attendent dans le noir, prêts à me faire la fête au moindre écart, à la moindre nausée onirique.

Je rêve que je me tape la tête contre les murs. De la cire à bougie coule des mes oreilles. Mon cerveau se transforme en pelote de laine. Un chat noir la démêle à grands coups de griffes. La voix dans ma tête s’arrête, ma musique aussi. J’entends au loin les rires des ados du lycée de derrière chez moi. Je visualise ce chemin virtuel, j’ouvre les yeux.  Sans mes lunettes, je m’aperçois que mes jambes m’ont ramenées vers chez moi. Je ne sais pas ou elles ont abandonné mon cerveau mais  je n’ai pas quitté mon lit. A l’intérieur de ma tête la réalité devient un paradoxe.

——
TOUTES LES PHOTOGRAPHIES, IMAGES ET TEXTES SOUS LESQUELS S’AFFICHE CETTE PHRASE SONT CONSIDÉRÉS COMME DES ŒUVRES DE L’ESPRIT ET DANS CE SENS COMME PROPRIÉTÉS INTELLECTUELLES PROTÉGÉES PAR LE DROIT D’AUTEUR. POUR PLUS D’INFORMATIONS: LEGIFRANCE 

 

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3 commentaires

  1. Elle est belle ta poésie, Sharlen. Et force nous est, t’as raison, d’accepter le grand paradoxe, ainsi que tous les petits qui nous habitent…
    Enfin, j’aime penser que quoi qu’il arrive, même en rêve, on n’y laisse jamais son âme… elle est trop bien accrochée celle-là… sourire…

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    1. Merci Caroline
      Je ne sais pas encore si j’accepte tous ces paradoxes ou s’ils ne me laissent pas le choix. Mais je travaille dessus =)
      J’espère que mon âme restera bien accrochée malgré mes angoisses parfois trop présente 😉
      A bientôt

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  2. j’ai connu ces heures que tu décris si bien sharlen et comme le dit caroline, on n’y perd pas son âme sinon je ne serais pas là à te l’écrire……
    il est bon d’en avoir tracé les contours dans un si beau texte
    tu n’es pas égarée, tu es sur le bon chemin
    bisous, petite sœur de rêves!

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